Rejeu de session : la CNIL fixe les règles et exige le consentement des internautes
La CNIL a publié le 5 novembre sa recommandation sur le rejeu de session. Ces outils exigent le consentement préalable des internautes et un masquage des données sensibles.
Rejeu de session : consentement préalable et finalités fixées en amont
Ces outils enregistrent le parcours complet d’un internaute : mouvements de souris, interactions tactiles, clics, défilement et parfois saisies dans les formulaires. Les éditeurs s’en servent pour corriger des dysfonctionnements ou améliorer l’ergonomie. La CNIL juge les risques pour la vie privée élevés.
Le rejeu de session fonctionne avec des traceurs. Il relève donc de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, sans qu’aucune exemption ne s’applique. Le consentement préalable de l’internaute est obligatoire, selon les mêmes règles que pour les cookies. Les finalités doivent être fixées avant le déploiement, et non après la collecte. Au nom de la minimisation, le responsable du traitement doit préférer un outil moins intrusif s’il atteint le même objectif. La délibération écarte ainsi l’usage du rejeu de session pour le reciblage publicitaire, en citant les cookies de relance « panier » comme alternative.
La recommandation liste des mesures techniques : outil de masquage des données non pertinentes, nombre limité de sessions collectées, recours réduit aux identifiants. La version finale ajoute le masquage des mouvements de souris dans certaines zones, pour éviter la capture de codes d’authentification. Le contenu des échanges avec les agents conversationnels devrait aussi pouvoir être masqué. Le fournisseur devrait permettre de régler des durées de conservation et de supprimer une session isolée. Le projet avait été soumis à consultation publique de février à mai 2026.
La version définitive distingue les informations de premier et de deuxième niveau dans les interfaces de recueil du consentement, et propose des formulations types. Elle demande une mention spécifique du rejeu de session dès le premier niveau. Elle aide aussi à qualifier les rôles : dans l’exemple donné par la délibération, l’éditeur qui utilise une solution en ligne pour mesurer son audience est responsable du traitement et son fournisseur agit en sous-traitant.
Sites de réservation et offices de tourisme : les points à vérifier
Moteurs de réservation, billetteries en ligne et sites d’offices de tourisme peuvent recourir à ces outils d’analyse. Trois vérifications s’imposent : la présence du rejeu de session dans le bandeau de consentement dès le premier niveau d’information, le masquage des formulaires de paiement et des chatbots, et le contrat avec le fournisseur. La CNIL annonce un webinaire pour accompagner les professionnels.
Fondateur de PanoraVeille et directeur de la Fédération des offices de tourisme de Bretagne. Plus de 15 ans à travailler dans le tourisme et passionné par les technologies et le développement.