Greenwashing : un guide EmpCo actualisé pour les destinations touristiques
L'ETC, le GDS-Movement et NECSTouR actualisent leur guide sur la directive EmpCo. Il rappelle qu'un office de tourisme qui promeut des produits peut être soumis aux règles anti-greenwashing.
La European Travel Commission (ETC), le Global Destination Sustainability Movement et le réseau NECSTouR ont publié le 2 novembre 2026 une édition actualisée de « Proof, Not Promises ». Ce guide pratique aide les destinations, les entreprises touristiques et les organisateurs d'événements à appliquer les règles européennes sur les allégations environnementales. La première édition datait d'avril 2026.
Directive EmpCo : des règles en vigueur depuis le 27 septembre 2026
La directive (UE) 2024/825, dite EmpCo, s'applique depuis le 27 septembre 2026. Elle impose des allégations claires, précises et appuyées par des preuves. Les exigences visent les textes, mais aussi les labels, les visuels et l'identité de marque. Le guide consacre une section aux allégations climatiques : il explique pourquoi « net zéro » ou « neutre en carbone » sont des formulations à haut risque et comment fonctionne l'interdiction des allégations fondées sur la compensation.
Nouveauté de cette édition, un chapitre sur la transposition nationale. Certains États membres ont intégré les règles dans leur droit de la consommation. D'autres les ont réparties entre plusieurs lois : consommation, contrats, publicité, concurrence déloyale. La Pologne a adopté sa loi mais ne l'appliquera qu'à partir du 27 septembre 2027. Le statut de cinq pays reste à confirmer.
Offices de tourisme : le statut public n'exonère pas
Le guide précise le champ d'application. EmpCo vise la communication destinée aux consommateurs. Le reporting extra-financier et la communication aux investisseurs en sont en général exclus, sauf s'ils sont repris dans le marketing. Le statut public ne vaut pas exemption : un office de tourisme ou un autre organisme public qui vend ou promeut des produits touristiques peut être considéré comme un professionnel au sens du texte. Organismes nationaux de tourisme, offices de tourisme, bureaux des congrès, lieux d'événements et entreprises touristiques sont donc concernés.
Le document propose huit principes regroupés sous l'acronyme CREDIBLE, en complément de six étapes déjà présentes dans la première édition : évaluer, définir, justifier, aligner, soutenir et surveiller.
Ce que les professionnels du tourisme doivent revoir
Les auteurs mettent en garde contre le « greenhushing », le fait de ne plus communiquer sur ses progrès réels par crainte de l'erreur. Ils recommandent de documenter les preuves et d'associer les équipes développement durable, exploitation, données et marketing. EmpCo n'impose pas de certification, mais durcit les règles applicables aux labels et renforce le poids de la vérification indépendante. Pour une destination ou un hébergeur, le choix d'un label accrédité et vérifié par un tiers pèse donc davantage dans sa communication.
Fondateur de PanoraVeille et directeur de la Fédération des offices de tourisme de Bretagne. Plus de 15 ans à travailler dans le tourisme et passionné par les technologies et le développement.