Location meublée : plus d'un million de logements selon l'étude de l'ANIL
L'ANIL chiffre à plus d'un million le parc de location meublée de longue durée, avec des loyers 10 % plus élevés que le nu. Effets pour les communes et les meublés de tourisme.
Location meublée : un parc urbain à 90 % et des loyers plus élevés
Ce parc est urbain à 90 %. La carte de l'ANIL par unité urbaine, qui couvre 2006 à 2022, montre que les plus fortes hausses touchent les territoires où les meublés étaient déjà nombreux. Pour les prix, l'agence a exploité les annonces de leboncoin et SeLoger. Elle mesure un loyer meublé supérieur de 10 % en moyenne à celui d'un logement loué nu. Dans certains marchés tendus, l'écart dépasse 15 %.
L'étude nuance l'idée d'un effondrement de la location nue. Ce parc ne baisse pas au niveau national. Il progresse moins vite que l'ensemble des résidences principales, avec un repli dans certaines villes-centres très tendues et une hausse en périphérie. Pour le bailleur, le meublé de longue durée cumule trois atouts : des contrats plus courts, des loyers majorés et une fiscalité favorable. Les étudiants et les jeunes actifs, eux, le subissent plus qu'ils ne le choisissent dans les marchés tendus.
Meublés de tourisme : la fiscalité rebat les cartes depuis 2025
L'ANIL compare aussi la longue durée à la location meublée touristique. Citant un rapport CGEDD, IGA et IGF de 2022, elle associe la progression de la location courte durée à vocation touristique à la baisse du parc de résidences principales dans les marchés locaux concernés. Selon elle, les évolutions fiscales récentes réduisent l'intérêt du meublé touristique, surtout non classé. La fiche juridique de l'ANIL sur la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 en donne le détail. Pour les revenus perçus à partir de 2025, l'abattement micro-BIC des meublés classés passe à 50 % jusqu'à 77 700 € de chiffre d'affaires, contre 71 % jusqu'à 188 700 € auparavant. Les meublés non classés restent à 30 %, dans la limite de 15 000 €.
Location meublée : effets pour collectivités et offices de tourisme
La loi donne aussi des leviers aux communes. La location de la résidence principale est plafonnée à 120 jours par an depuis le 1er janvier 2025, et une délibération motivée peut ramener ce seuil à 90 jours. Le conseil municipal peut fixer des quotas d'autorisations de changement d'usage. Le plan local d'urbanisme peut réserver des secteurs à la résidence principale. Tout meublé de tourisme doit être déclaré et enregistré, avec une entrée en vigueur fixée par décret au plus tard le 20 mai 2026. Dès 2034, un DPE de classe A à D sera exigé en métropole.
L'ANIL conclut que l'essor des meublés répond sans doute à une demande, mais qu'il peut aggraver les difficultés d'accès au logement. Elle appelle à la vigilance, au niveau national comme local. Ses cartes par unité urbaine aident élus et offices de tourisme à situer leur territoire. Le classement des meublés, qui garde un abattement plus favorable, reste un argument à porter auprès des loueurs.
Fondateur de PanoraVeille et directeur de la Fédération des offices de tourisme de Bretagne. Plus de 15 ans à travailler dans le tourisme et passionné par les technologies et le développement.