Le décret n° 2026-1018 du 27 octobre 2026, publié au Journal officiel du 3 novembre, classe le site de la butte de Sancerre et de son écrin. Le périmètre couvre environ 7 737 hectares sur 15 communes : 13 dans le Cher, dont Sancerre, Saint-Satur et Bué, et 2 dans la Nièvre, Cosne-Cours-sur-Loire et Tracy-sur-Loire. Le texte est entré en vigueur le 4 novembre 2026.

Butte de Sancerre : un site classé au titre du code de l'environnement

Le classement repose sur les articles L. 341-1 et suivants du code de l'environnement, pour le caractère pittoresque et historique du site. Le périmètre englobe la Loire, ses abords et le canal latéral à la Loire. Il est fixé par un descriptif parcellaire, une carte au 1/25 000 et des plans cadastraux, consultables sur Légifrance, dans les préfectures du Cher et de la Nièvre et dans les mairies concernées.

Le décret abroge, pour ce périmètre, des protections plus anciennes : l'arrêté de 1946 sur la colline de Sancerre, ses remparts et l'esplanade Porte César, les arrêtés de 1973 et 1976 sur la vieille ville, et celui de 1979 sur la métairie Graillot et le bourg de Ménétréol-sous-Sancerre.

La procédure a duré environ cinq ans. Les quinze conseils municipaux ont délibéré entre septembre 2021 et février 2022, le conseil départemental du Cher le 6 décembre 2021. L'enquête publique s'est tenue du 31 janvier au 3 mars 2022 et a relevé l'absence de consentement de certains propriétaires. Les commissions départementales de la nature, des paysages et des sites du Cher et de la Nièvre ont rendu leur avis fin septembre 2022, puis la Commission supérieure des sites le 14 décembre 2023. La section des travaux publics du Conseil d'État a aussi été entendue. Le rapport de l’IGEDD présenté le 14 décembre 2023 note que l'AOC Sancerre couvre environ 3 000 hectares et que le périmètre classé ne suit pas celui de l'appellation. Il situe le site hors du périmètre du Val de Loire inscrit à l'UNESCO et proposait en parallèle l'inscription d'environ 569 hectares de secteurs urbanisés sur 11 communes.

Vignobles et hébergeurs : ce que le classement change pour le tourisme

Le décret ne détaille pas les effets pratiques du classement. Le rapport de l'IGEDD citait parmi les enjeux de gestion les projets éoliens alentour, le mitage et l'érosion des terrasses de vigne. Il esquissait un volet touristique : points de vue, itinéraires de découverte, lieux d'accueil et une possible charte des enseignes et devantures. Pour les communes, les hébergeurs et les domaines viticoles qui reçoivent du public, les projets de travaux sur le site devront désormais composer avec ce statut. Les offices de tourisme du Sancerrois et du Cosnois disposent d'un argument patrimonial pour l'œnotourisme.

Pour aller plus loin

Décret n° 2026-1018 du 27 octobre 2026
Classement du site de la butte de Sancerre et de son écrin (Cher et Nièvre).
Projet de classement et d'inscription du site de « la butte de Sancerre et son écrin »
Rapport n° 012663-02 présenté à la Commission supérieure des sites, décembre 2023.

Sources :
Légifrance, Décret n° 2026-1018 du 27 octobre 2026 portant classement du site de la butte de Sancerre et de son écrin, JORF du 3 novembre 2026
IGEDD, Projet de classement et d’inscription du site de « la butte de Sancerre et son écrin » (Cher et Nièvre), décembre 2023

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Écrit par

Pierre BOUTON
Pierre BOUTON
Fondateur de PanoraVeille et directeur de la Fédération des offices de tourisme de Bretagne. Plus de 15 ans à travailler dans le tourisme et passionné par les technologies et le développement.

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