Édito
L'intelligence artificielle n'est plus une promesse lointaine pour le tourisme : elle s'installe dans le quotidien du secteur avec une rapidité qui force l'attention. Accor lance son application sur ChatGPT, eDreams ODIGEO déploie des agents capables de finaliser des réservations de bout en bout, et plus de 30 % du code de ses plateformes mondiales est désormais généré par l'IA. Même les opérateurs de voyage français, via l'OPCO Mobilités, cartographient l'impact de ces technologies sur leurs métiers. Le mouvement est massif, et cette édition de PanoraVeille en prend la mesure.
Mais cette accélération technologique ne doit pas masquer les tensions structurelles qui traversent le secteur. Côté emploi, France Travail documente un marché en pleine mutation où l'attractivité des métiers reste un défi majeur. Côté souveraineté, la question de la dépendance européenne aux géants américains — Google, Amazon, Airbnb — revient sur la table avec une acuité renouvelée. Peut-on construire un tourisme numérique européen sans maîtriser ses infrastructures ?
Parallèlement, la régulation du surtourisme s'intensifie. Capri limite désormais la taille des groupes, tandis qu'une tribune percutante interroge la transformation du patrimoine mondial en machine à cash, au détriment des publics les plus modestes. La durabilité, elle, gagne en outils concrets : le FairScore propose un « Nutri-Score » de la RSE pour l'événementiel, et Pornichet décroche une distinction internationale pour son engagement.
Entre innovation débridée et quête de sens, le tourisme de 2026 cherche son équilibre.
Bonne lecture !