IA générative : l'ADEME prévoit des besoins électriques multipliés par 3,7 en France
Dans un avis publié le 22 juillet 2026, l'ADEME estime que la consommation électrique des centres de données en France pourrait être multipliée par 3,7 d'ici 2035 et appelle à un usage plus mesuré de l'IA.
Le 22 juillet 2026, l'ADEME a publié un avis intitulé « L'intelligence artificielle générative, des impacts environnementaux importants », présenté dans un communiqué « IA générative, comment quantifier les impacts ? ». Ce document de 13 pages porte sur les IA génératives et agentiques. Il est gratuit sur la librairie de l'ADEME. L'avis note que ces enjeux restent peu présents dans les débats, alors que l'IA est encadrée par le règlement européen de 2024. Classé comme « position de l'ADEME », il porte la référence 013279.
Consommation électrique des centres de données en France d'ici 2035
Selon l'agence, les centres de données ont consommé 485 TWh d'électricité dans le monde en 2025, un volume qui pourrait doubler d'ici 2030. En France, leur consommation pourrait être multipliée par 3,7 d'ici 2035. Le numérique pesait 4,4 % de l'empreinte carbone française en 2022. En attendant une méthode normalisée, l'ADEME renvoie les concepteurs de services vers le référentiel AFNOR « IA frugale » et le référentiel général d'écoconception de services numériques (RGESN). Elle juge aussi qu'un hébergement en France réduit les émissions lorsqu'il remplace des services hébergés à l'étranger. Ce choix renforce aussi la souveraineté numérique.
Impacts environnementaux de l'IA générative au-delà de l'électricité
Les usages numériques des Français dépendent pour les deux tiers de centres de données situés à l'étranger, où le mix électrique est plus carboné. L'avis cite d'autres impacts « non négligeables » : fabrication des serveurs, artificialisation des sols, consommation d'eau. Il relève l'opacité du secteur sur la taille des modèles et leur consommation. Les applications d'IA au service de la transition écologique restent minoritaires, avec des gains nets d'ampleur très variable. L'agence signale aussi des effets indirects difficiles à prévoir, comme davantage de stockage de données et des terminaux plus énergivores. Les gains de l'« AI for green » doivent être mesurés par une analyse de cycle de vie complète, effets rebonds compris. L'ADEME demande de penser ces solutions en complément des autres leviers de décarbonation.
Un usage raisonné de l'IA pour les professionnels du tourisme
L'avis recommande de former les équipes à un usage réfléchi de l'IA et de laisser aux utilisateurs la possibilité de désactiver les fonctions qui en dépendent. Une structure touristique peut en tirer une règle simple : réserver l'IA générative aux tâches où elle apporte un gain réel, et documenter ce choix dans sa démarche environnementale. Aux pouvoirs publics, l'ADEME demande une méthode commune d'évaluation des impacts et une planification territoriale des centres de données. Selon l'agence, les référentiels existants pourraient servir à créer rapidement un outil pour distinguer les services d'IA écoconçus.
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